Les évènements qui ont conduit le gouvernement
à vouloir étendre la loi du 6 janvier 1999
QUELQUES
JOURS après que le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a affiché sa
volonté de renforcer la loi du 6 janvier 1999 contre les chiens dangereux, deux
nouveaux drames ont eu lieu au cours du week-end, portant à six les agressions
mettant en cause des molosses recencées en moins de deux semaines.
Brusquement
attaquée par un american staffordshire terrier de 50 kilos, le chien de son
oncle, une fillette de 17 mois est morte vendredi soir dans un hôpital de la
banlieue parisienne. Alors que la famille de la victime était invitée dans un
appartement d'une cité de Sevran (Seine-Saint-Denis), le molosse s'est jeté
sur l'enfant dès l'ouverture de la porte d'entrée. La petite Fatima, encore
assise dans sa poussette, a été mordue au cou et au visage. Son oncle a été
placé en garde à vue ; l'animal, confié au refuge SPA de Gennevilliers,
devrait être euthanasié.
Vingt-quatre
heures plus tard, à Saint-Vincent-de-Tyrosse (Landes), les gendarmes étaient
appelés en renfort pour neutraliser deux chiens – un american staffordshire
et un pitbull – qui s'en étaient pris à une octogénaire en promenade.
Pensionnaire d'une maison de retraite, la vieille dame a été attaquée par les
deux animaux qui erraient en pleine rue, après s'être enfuis de leur enclos.
Au
cours de l'intervention, l'un des gendarmes a été mordu au bras. «Pour se
dégager, il n'a pas eu d'autre choix que de dégainer et de tirer, précisait
hier le directeur de cabinet du préfet des Landes, Jean-Luc Blondel. L'un
des deux molosses a été touché.» Il aura finalement fallu faire appel à
un vétérinaire pour capturer les bêtes, placées depuis dans un chenil de la
région. Traumatisée, la victime de 89 ans était toujours hospitalisée hier.
Plus
de 11 000 infractions recensées en 2000
Ces
deux faits divers viennent s'ajouter à la liste déjà longue des attaques
survenues ces dernières semaines. La série noire avait débuté le 31 mai
dernier avec la mort de Louis, 8 ans, blessé par un bullmastiff alors qu'il
participait à un goûter d'enfants en Seine-Maritime. De pure race, l'animal
faisait partie d'une famille de molossoïdes non soumise à la loi sur les
chiens dangereux. Le 3 juin, un rottweiller faisait une victime au Bourget
(Seine-Saint-Denis), blessant grièvement au visage un garçonnet de 7 ans. Le même
accident s'était reproduit une semaine plus tard, dans l'Eure, avec l'attaque
en pleine rue d'une fillette par un chien de garde et de défense. Jeudi
dernier, enfin, les élèves d'une maternelle de Nancy échappaient de peu à un
pitbull sans muselière qui avait réussi à pénétrer dans la cour de l'école.
Longuement
débattu en 1998, le texte sur la détention de chiens dangereux avait abouti à
la capture de 43 animaux quatre semaines seulement après son entrée en
vigueur. En 2000, plus de 11 000 infractions avaient été recensées sur tout
le territoire. Jeudi dernier, Nicolas Sarkozy s'était dit déterminé à «aller
plus loin» dans le durcissement de cette loi, «jusqu'à l'interdiction»
pure et simple de ce genre d'animaux.